29 août 2006

Sur le vif (1)


Londres, le 23 août 2006, quelque part sur la Bakerloo Line, au beau milieu de l'après-midi...

Le métro est presque vide à cette heure-ci de la journée. Les sièges ressemblent un peu à des sofas qui se font face, de chaque côté du train. Ici, tout est conçu pour éviter de se retrouver assis avec un inconnu, à deux, dans une intimité pénible. S'asseoir à plusieurs, ça va, ça ne compte pas. Il est bien plus facile de faire abstraction d'une collectivité que d'un voisin encombrant. S'asseoir à deux avec n'importe qui? Dear me, no! Au bout d'un de ces sofas, seule, une blonde distinguée est assise, jambes croisées, fines sandales aux pieds.

Le train, plus Cannonball que Locomotion, file en enserrant le tunnel puis s'arrête en crissant. Marylebone Station. La porte glisse lourdement et laisse entrer un grand tocson blond en bermudas, plus vraiment tout jeune. D'un pas nonchalant, dont le son est écrasé sous ses Converse, le casque de son iPod vissé dans le crâne, l'homme passe devant la smart demoiselle, non sans accrocher ses jolis petons, et choit pesamment à côté d'elle. Lady Jane est presque catapultée hors de son sofa rouge. Là-bas, de mon siège, je la vois lever les yeux au ciel et crois entendre un petit bruit ténu et flûté s'échapper d'une de ses narines. Lui ne s'est rendu compte de rien.

4 commentaires:

Blanche a dit...

Très juste, la métaphore du Cannonball!!
En tout cas, quand le métro londonien roule, il roule!!

Blue a dit...

Ah, le grondement du métro londonien! Il fait un vrai bruit de fusée avant de sortir du tunnel, hein? It's a plane! It's a rocket! No, it's the London Underground!

Anonyme a dit...

On ne pouvait avoir de meilleure image pour illustrer Londres en si peu d'éléments.

J'ai bien hâte de lire tes découvertes sur ce que l'on doit à l'un et l'autre peuples fondateurs dans l'identité québécoise. Et il y a sûrement eu des amalgames, non ?

Anonyme a dit...

À te lire, je peux presque entendre le soupir exaspéré de la fille. Quelle plume tu as!

Je t'ai trouvé grâce à Caroline à Londre. Félicitation pour ton blog! Je reviendrais c'Est certain!