
Rayons de soleil à travers les branches brûlées du sapin de Noël, place Syntagma
Je suis allée faire un tour dans certains secteurs touchés par les émeutes qui ont eu lieu à Athènes, soit les rues Panepistimiou et Stadiou, qui vont de Syntagma à Omonia, et une partie de la rue Alexandras, près d'Omonia. Dans ces secteurs, peu de boutiques sont touchées, outre quelques vitrines brisées - le pillage n'était visiblement pas le motif, sauf pour deux bijouteries complètement détruites, peut-être par des voyous opportunistes - et le mot d'ordre était clair : Fotia stis trapezes... le feu aux banques. Constatez par vous-mêmes.
Les émeutes qui embrasent la Grèce actuellement n'ont rien à voir avec les émeutes des banlieues parisiennes en 2007, si ce n'est un mal-être certain. Elles ne sont cependant pas le fait de simples casseurs et touchent autant les pauvres que les bourgeois. Elles ont été réfléchies et portent l'empreinte de l'idéologie anarchiste.
Les anarchistes utilisent la mort du jeune Alexis pour catalyser la colère de tous les Grecs, qui en ont gros sur le coeur depuis longtemps contre le gouvernement, qui ne fait rien de bon et s'en met plein les poches en vidant la caisse de retraites et celle de la santé, contre la crise économique et ces banquiers richissimes qui jouent avec l'argent du peuple, contre le mirage de l'Europe, dont ils seront toujours le parent pauvre obligé de brader ses grandes entreprises, des transports (l'aéroport d'Athènes et le port du Pirée ne leur appartient plus!) aux télécommunications (OTE, la compagnie de téléphone et d'Internet), pour continuer de faire partie du club, contre l'euro, qui a provoqué la hausse vertigineuse du prix des produits de base alors que les salaires n'augmentent pas, et contre un pays qui n'offre aucun avenir aux jeunes s'ils ne sont pas pistonnés par tel ou tel personnage haut placé, à ces mêmes jeunes qui ont fait de longues études - souvent dans les meilleures universités du monde grâce aux sacrifices de leurs parents, qui occupent souvent deux emplois pour les y envoyer - et parlent au moins deux langues pour finalement faire un petit boulot à 800 euros par mois. Voilà le résultat.

Le sempiternel MacDo qui écope...

Un luxueux hôtel près du Parlement

Des boutiques...

Le feu s'est propagé aux appartements au-dessus...

Alors qu'on visait le H&M en dessous. Pas brillant.

Dans une autre boutique, la marchandise est visiblement intacte, malgré la vitrine ouverte.

Ici aussi.

Peu de dégâts, rue Ermou, dans le secteur de Syntagma. Du verre brisé.


Le grand magasin Attica, où tout coûte trop cher. Des ouvriers sont en train de refaire la vitrine.

Par contre, les banques y ont goûté. Plus on avance vers le quartier Omonia, plus la destruction par le feu est grande.


"Pour le sang d'Alexis" (le jeune garçon tué par la police).









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Là, je n'ai pas bien compris... des cafés sans prétention. Détruits.

Ici non plus. Le roi du loukoumadès à Athènes, un dessert délicieux et tout simple.


En rouge, des directives anarchistes : Le feu aux banques... pas aux épiceries. Tellement grec : on ne gaspille pas la nourriture!.


Une bijouterie incendiée... probablement pillée auparavant.
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Une autre bijouterie détruite, pas très éloignée de l'autre, sur la rue Panepistimiou.

Rue Alexandras, cette banque est une perte totale.


La banque Millennium, place Omonia, est elle aussi détruite.


La Banque du Pirée, ravagée.

Une autre banque incendiée, au coin de Syntagma.

Intérieur calciné.

Tout a été effacé sur le marbre une heure après mon passage... mais les trois derniers jours ne s'affaceront pas de sitôt dans la mémoire des Grecs.














