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09 décembre 2008

Fotia stis trapezes... le feu aux banques

Dernière heure, mardi soir : Il semble que les émeutes se poursuivent aujourd'hui sous la forme d'une vague de pillage des magasins d'Athènes. À la télé, on voit les jeunes vider tranquillement des magasins sans qu'il n'y ait de policiers en vue. Ailleurs, là où les jeunes mettent le feu aux poubelles dans la rue et lancent des cailloux, on a vu des policiers braquer leur revolver sur eux. Des douilles ont été trouvées et montrées à la télé. Un autre policier faisait semblant de tirer sur des jeunes avec sa main. Pas étonnant qu'un tel drame soit arrivé avec de tels imbéciles et que la ville soit livrée sans résistance à des pillards-enfants! Quelle incompétence générale! Les présentateurs n'arrivent pas à cacher leur dégoût. Le gouvernement ne fait rien et la police est incompétente. C'est le chaos. La population s'indigne et grogne. Le pays est en perdition. Je ne serais pas étonnée de voir le gouvernement - déjà affaibli par divers scandales et conservant la majorité par une seule voix - tomber. Espérons qu'il tombera sans causer plus de catastrophes!


Rayons de soleil à travers les branches brûlées du sapin de Noël, place Syntagma

Je suis allée faire un tour dans certains secteurs touchés par les émeutes qui ont eu lieu à Athènes, soit les rues Panepistimiou et Stadiou, qui vont de Syntagma à Omonia, et une partie de la rue Alexandras, près d'Omonia. Dans ces secteurs, peu de boutiques sont touchées, outre quelques vitrines brisées - le pillage n'était visiblement pas le motif, sauf pour deux bijouteries complètement détruites, peut-être par des voyous opportunistes - et le mot d'ordre était clair : Fotia stis trapezes... le feu aux banques. Constatez par vous-mêmes.

Les émeutes qui embrasent la Grèce actuellement n'ont rien à voir avec les émeutes des banlieues parisiennes en 2007, si ce n'est un mal-être certain. Elles ne sont cependant pas le fait de simples casseurs et touchent autant les pauvres que les bourgeois. Elles ont été réfléchies et portent l'empreinte de l'idéologie anarchiste.

Les anarchistes utilisent la mort du jeune Alexis pour catalyser la colère de tous les Grecs, qui en ont gros sur le coeur depuis longtemps contre le gouvernement, qui ne fait rien de bon et s'en met plein les poches en vidant la caisse de retraites et celle de la santé, contre la crise économique et ces banquiers richissimes qui jouent avec l'argent du peuple, contre le mirage de l'Europe, dont ils seront toujours le parent pauvre obligé de brader ses grandes entreprises, des transports (l'aéroport d'Athènes et le port du Pirée ne leur appartient plus!) aux télécommunications (OTE, la compagnie de téléphone et d'Internet), pour continuer de faire partie du club, contre l'euro, qui a provoqué la hausse vertigineuse du prix des produits de base alors que les salaires n'augmentent pas, et contre un pays qui n'offre aucun avenir aux jeunes s'ils ne sont pas pistonnés par tel ou tel personnage haut placé, à ces mêmes jeunes qui ont fait de longues études - souvent dans les meilleures universités du monde grâce aux sacrifices de leurs parents, qui occupent souvent deux emplois pour les y envoyer - et parlent au moins deux langues pour finalement faire un petit boulot à 800 euros par mois. Voilà le résultat.


Le sempiternel MacDo qui écope...


Un luxueux hôtel près du Parlement


Des boutiques...


Le feu s'est propagé aux appartements au-dessus...


Alors qu'on visait le H&M en dessous. Pas brillant.


Dans une autre boutique, la marchandise est visiblement intacte, malgré la vitrine ouverte.


Ici aussi.


Peu de dégâts, rue Ermou, dans le secteur de Syntagma. Du verre brisé.




Le grand magasin Attica, où tout coûte trop cher. Des ouvriers sont en train de refaire la vitrine.


Par contre, les banques y ont goûté. Plus on avance vers le quartier Omonia, plus la destruction par le feu est grande.




"Pour le sang d'Alexis" (le jeune garçon tué par la police).




















Là, je n'ai pas bien compris... des cafés sans prétention. Détruits.


Ici non plus. Le roi du loukoumadès à Athènes, un dessert délicieux et tout simple.




En rouge, des directives anarchistes : Le feu aux banques... pas aux épiceries. Tellement grec : on ne gaspille pas la nourriture!.




Une bijouterie incendiée... probablement pillée auparavant.


Une autre bijouterie détruite, pas très éloignée de l'autre, sur la rue Panepistimiou.


Rue Alexandras, cette banque est une perte totale.




La banque Millennium, place Omonia, est elle aussi détruite.




La Banque du Pirée, ravagée.


Une autre banque incendiée, au coin de Syntagma.


Intérieur calciné.


Tout a été effacé sur le marbre une heure après mon passage... mais les trois derniers jours ne s'affaceront pas de sitôt dans la mémoire des Grecs.

11 avril 2008

Détournement d'un symbole



Voilà ce qu'est tristement devenue la torche olympique. Cette caricature est publiée aujourd'hui dans le Kathimerini d'Athènes.

Je rappelle ici une partie du discours prononcé par Jacques Rogge, président du CIO, le 24 mars 2008, jour de l'allumage de la flamme olympique à Olympie.

It all began here in Olympia,
the place where the ancient Olympic Games
were celebrated. It is a place that has inspired
and still inspires. It is the place that has also
been at the origin of the Olympic Truce:
the Ekecheiria, the sacred truce
that was proclaimed and announced
by the citizens of Elis who traveled
throughout Greece to pass on the message.

Today we are sending out thousands
of modern messengers over the five continents
to spread the message of Ekecheiria.
This message will be heard and understood
in all corners of the world wherever the torch passes by.
I express here the hope that the symbol of the torch
will be recognized by everybody
and that the right circumstances can be created,
wherever the torch travels,for it to resonate.
The Olympic Torch Relay and the Olympic Games
must take place in a peaceful environment.

Hum...

30 mars 2008

La flamme qui met le feu aux poudres



Je suis passée devant le stade olympique hier au moment où des répétitions avaient lieu avec l'armée et les jeunes athlètes grecs et chinois qui présentent le drapeau de leur pays respectif.



La flamme olympique devait être remise à la Chine ce matin, dimanche, mais la peur des autorités de voir la cérémonie perturbée par des manifestants pro-Tibet, comme ce fut le cas à Olympie, rend la sécurité tellement exagérée autour de l'événement (au point d'interdire l'accès aux journalistes sur l'Acropole, où la flamme était entretenue pour la nuit!) que le tout a été reporté à plus tard dans la journée, pour déjouer tout le monde. Du coup, je n'ai pas envie de suivre l'événement en personne. Au moment où j'écris ce billet, la cérémonie a sans doute commencé car j'entends les hélicoptères tourner au-dessus d'Athènes.



La Chine a certes beaucoup de choses à se reprocher en fait de non-respect des droits de l'homme - et ce n'est pas nouveau - mais je pense qu'il est trop tard pour boycotter les Jeux Olympiques. Ça ne se fait pas. Les athlètes s'entraînent depuis des années pour cet événement censé rapprocher les peuples dans un même effort de dépassement. Du moins, c'est l'idéal olympique.



Il fallait y penser avant et ne pas attribuer les Jeux à la Chine, tout simplement. La politique et les manifestations avaient leur place AVANT cette attribution. La répression du Tibet ne date pas d'hier, quand même! N'y a-t-il pas un problème d'éthique dans le choix de ce pays comme hôte des Jeux Olympiques? On me dira que Berlin a bien eu les JO sous Hitler... Il y a quelque chose de pas net au CIO, non?

Mais maintenant que les jeux sont faits, boycotter les JO ne servirait à rien, n'aiderait pas le Tibet et ne punirait que les athlètes, qui n'ont rien à voir avec tout ça. Ils font du sport et non de la politique et méritent d'être respectés. En tout cas, c'est ce que je me disais en regardant les jeunes porteurs de drapeaux.

23 février 2008

Le coeur sur la main



À Athènes, du 21 janvier au 19 mars a lieu une exposition à ciel ouvert sur le thème du coeur. Son titre est un jeu de mots, Athina... Exo Kardia, qui repose sur son sens littéral "coeur dehors", puisque les quelque 60 coeurs sur lesquels de jeunes artistes, des tagueurs et des artistes établis ont oeuvré se trouvent dehors, un peu partout en ville, et son sens figuré "généreux" (en français, l'équivalent de cette expression serait sans doute "le coeur sur la main").



À la fin de l'exposition, tous les coeurs seront vendus aux enchères et 50% des profits seront remis à une organisation caritative travaillant auprès d'enfants et d'adolescents malades.


Les coeurs que vous voyez se trouvent à la sortie du métro Evangelismos, près de chez moi.



Profitons-en pour tirer du titre les racines grecques de nombreux mots français :

Exo (hors, dehors)

ex-térieur
ex-terne
ex-orbité
ex-patrié

Kardia (coeur)

cardia-que
cardio-logie

Si quelqu'un est intéressé à transposer le concept de l'exposition à Montréal, boulevard Saint-Laurent, j'ai déjà un titre pas mal du tout : Montréal, le coeur sur la Main©*. On peut négocier le prix du droit d'auteur, mais je suis dure en affaires. ;)

*Pour les non-Québécois, la Main (prononcé à l'anglaise) est le surnom du boulevard Saint-Laurent.

Et pour clore en beauté, voici une vidéo de circonstance. ;)
(Merci à AK47)

17 février 2008

Neige sur Athènes

Mise à jour du 18 février 2008

Il a neigé et beaucoup venté la nuit dernière, et voici le résultat...



Les rues, et surtout les trottoirs, souvent de marbre, sont très glissants. J'ai noté qu'il n'y a pas eu de livraison de fruits et de légumes au supermarché en raison des conditions météorologiques. Il n'y a presque plus rien dans ce rayon ce matin.



__________________________



Eh oui, qui l'eût cru! À Paris le ciel est bleu et à Athènes il neige! J'en ai profité pour aller prendre quelques photos, évidemment. Je suis allée au Premier cimetière d'Athènes en pensant pouvoir y prendre des photos magnifiques, vu le nombre de très belles sculptures et d'orangers qu'on y trouve, les petites lampes à l'huile d'olive posées ça et là et la neige qui tombait doucement. Le gardien du cimetière - eh oui, il est gardé car considéré comme un musée à ciel ouvert - m'a plutôt vertement fait savoir qu'il est interdit de prendre des photos. Quel dommage! Je n'ai pu prendre que la photo ci-dessus, à l'extérieur de l'enceinte.


L'Acropole



Monastiraki



Un restaurateur s'est amusé à faire un mini-bonhomme de neige



Un clin d'oeil à ma famille, l'icone de Sainte-Hélène, en mosaïque