C'est ce qui m'est arrivé un jour que je marchais sur Grays Inn Road. Une arche en briques m'a attirée et j'ai eu la bonne idée de la franchir, comme Alice qui a traversé le miroir.

J'ai trouvé un oasis de paix dans cette belle cour habillée d'arbres et fermée par des bâtiments du XVIIIe siècle. Dickens décrit admirablement bien la sensation qu'éprouve le marcheur qui découvre ces lieux : It is one of those nooks, the turning into which, out of the clashing street, imparts to the relieved pedestrian the sensation of having put cotton in his ears and velvet soles on his boots. Voilà. En gros, cela veut dire que dans la cohue, c'est le soulagement de se mettre des boules Quiès dans les oreilles et des semelles de velours dans ses chaussures.
Qui plus est, on peut lire cet avis délicieusement suranné sur l'une des parois de l'arche :
Le portier a ordre d'empêcher les fripiers de vendre des articles à la criée. De plus, les enfants mal élevés qui jouent et les chevaux ne sont pas admis dans cette auberge.

10 commentaires:
Tu as bien raison, Londres est rempli de ces petits passages secrets. Tout comme les mews qui, en plus de recéler de petits bijoux d'appartement, nous font voyager à l'époque où des chevaux y prenaient place.
Le problème, en fait, ce n'est pas de trouver ces petits coins cachés, c'est d'avoir le courage d'y entrer ;)
Et tu as raison aussi sur les enfants mal élevés! Ah de mon temps, ça se passait pas comme ça, ma bonne dame ... ;)
Geneviève, ce n'est pas si difficile de trouver ce courage. Et je suis très curieuse, je n'ai pas de mérite. ;)
Pepette, ben oui, même Tony s'en mêle et presse les parents d'élever leurs enfants! :D
« transporté hors du Londres
moderne au détour d'un mystérieux
petit passage de briques »
- Blue
Faut croire que Londres n’a pas connu l’équivalent d’un Jean Drapeau* car « des mystérieux petits passages de briques » il n’y en a plus à Montréal ; l’ex maire Drapeau, au nom de la modernité, a fait raser tout ce qui était « ancien », ne laissant qu’une toute petite parcelle du patrimoine architecturale debout - qui s’est vite transformée en piège à touristes : le vieux-Montréal.
Paradoxalement, Jean Drapeau n’aimait pas le « moderne » ; les plus vieux d’entres-vous auront en tête l’affaire « corridart » rue Sherbrooke, en 1976**
Heureusement, un petit « village » a échappé aux bulldozers de l’administration Drapeau : « Shaughnessy Village ». Situé dans le district Peter-McGill et délimité par les rues Sherbrooke, Guy, Atwater ainsi que par l’autoroute Ville-Marie, ce village - qui abrite le CCA (Centre Canadien d’Architecture) de Mme. Lambert - est un îlot de calme, oublié de tous. C’est très beau, mais nous sommes loin des charmes de Londres tels que décrits, avec beaucoup de poésie, par Blue et Caroline...
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* maire de Montréal de 1954 à 1957 et de 1960 à 1986.
** http://www.ledevoir.com/2006/04/29/107756.html?316#
C'est exactement ce qui me plaisait à Paris! Comme un square au milieu de Marais (je ne me souviens plus de son nom - pas loin de la Place des Vosges). J'ai une photo quelque part.
Bob, oui je suis déjà allée visiter ce musée et c'est vrai qu'on peut imaginer avec regret ce à quoi le quartier devait ressembler avant l'arrivée des démolisseurs!
Mo, je ne connais pas encore vraiment ce côté de Paris, mais ça viendra peut-être. ;)
A Paris, on a ça quand on entre dans les hôtels particuliers du Marais, le genre de cour pavée, des jardins à la française un peu plus loin - très joli, mais probablement sans ce type de pancarte marrante ;-)
Tandis qu'à Paris, tout est en murs longs, droits, nets, blancs, beaux. Ça donne une impression de... plan cartésien! Non, je ne m'acharne pas contre Paris, simplement, la beauté sculpturale de cette ville que je viens de visiter est moins enveloppante que les petits passages londoniens dont tu nous parles dans ce billet.
Blues, je me permet de t'interpeler ainsi, quel billet délicieux que tu nous sert là. L'histoire, la culture, la poésie et la verve s'y entrechoque. Tiens, je le relis encore une fois, Bravo.
Gryphon, le problème avec Paris, je pense, c'est qu'il faut connaître des gens pour voir ces cours dans les hôtels particuliers. J'ai déjà lu un supplément du Nouvel Observateur sur "Paris caché", et c'était très intéressant, mais ça voulait dire aussi "Paris privé". ;)
Caroline, je trouve que le vrai caractère parisien se révèle bien plus dans les quartiers populaires que dans les endroits touristiques. J'aime bien mon quartier, en tout cas, et ce que je vis ici, je ne pourrais sans doute pas le vivre à Londres, mais j'y reviendrai dans un autre billet.
Marchello, merci bien. :)
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