"Ça alors, un vieux cadre pourri!" - "Ben moi j'ai trouvé de beaux verres à vin dépareillés."
"Oh putain! Un téléviseur des années 60! Il a l'air OK, le fil est bon et tout... "
Bon, d'accord, il y en a qui ont mis le bordel en jetant des pièces de styromousse par terre (après tout, c'était un sac IKEA, bien pratique!)... mais en gros, tout est en voie de trouver preneur. Le tas d'assiettes et la chaise sont sur le point de partir...
Et hop, on s'en va!
Cet homme a ramassé quelques assiettes et des livres jaunis. Des voisins en ont profité pour se débarrasser de leurs vieux pots de peinture!
À 23h, ça fouille encore et ça durera toute la nuit... Cette dame a craqué pour un vase.Paris est comme un grand organisme vivant qui se régénère tout seul. On met des vieux trucs dont on ne veut plus sur le trottoir (caddy poussif, sac à dos rachitique, bibliothèque IKEA gangrenée, aspirateur asthmatique, étagère gravement touchée par une scoliose) et les globules blancs de Paris surgissent de partout, à toute heure du jour ou de la nuit, pour redonner la santé au trottoir tout en offrant une nouvelle vie utile à des objets qui autrement se seraient retrouvés au dépotoir.
On me dit que la récupération par M. Tout-le-monde est un phénomène nouveau à Paris. La cherté de la vie n'y est sans doute pas pour rien. Aujourd'hui, personne ne semble avoir honte de fouiller dans les sacs et boîtes abandonnés par des gens qui déménagent pour y trouver son petit bonheur. Dans ma rue, j'ai moi-même déjà récupéré une petite table encore jolie mais rendue instable à cause d'une vis manquante. Il se trouve que j'avais une vis convenable dans mes affaires, et la table est restée dans ma salle à manger pendant quelques bonnes années. C'est ma voisine Marie qui l'a récupérée quand j'ai dit que je la remettais à la rue.
En tout cas, je suis fascinée par la vitesse à laquelle les objets les plus improbables trouvent preneurs. Dernièrement, j'ai laissé sur le trottoir un vieux billot de chêne terreux dans le sac à poubelle qui a servi à protéger mes vêtements. J'ai regardé dehors une heure plus tard et le sac à poubelle avait disparu - tout de même, il était neuf! À mon réveil, j'ai aussi constaté que le lourd billot avait suffisamment intéressé un habitant du quartier pour qu'il se salisse et se casse le dos en le trimbalant au cours de la nuit.
Et puisque je déménage, cet après-midi j'ai vidé la cave qui contenait encore des objets abandonnés par l'ancienne propriétaire de notre appartement. Vieilles photos de mariage des années 40, chaises chromées des années 50 (celles-là, je n'ai même pas eu le temps de les mettre à la rue car ma gardienne me les a demandées en me voyant passer), boîtes remplies de verres dépareillés et bouts de tuyaux, de fil électrique et de corde sont rapidement devenus des trésors découverts par les passants. C'est tout bénéf, et pour les gens et pour l'environnement. :)
On me dit que la récupération par M. Tout-le-monde est un phénomène nouveau à Paris. La cherté de la vie n'y est sans doute pas pour rien. Aujourd'hui, personne ne semble avoir honte de fouiller dans les sacs et boîtes abandonnés par des gens qui déménagent pour y trouver son petit bonheur. Dans ma rue, j'ai moi-même déjà récupéré une petite table encore jolie mais rendue instable à cause d'une vis manquante. Il se trouve que j'avais une vis convenable dans mes affaires, et la table est restée dans ma salle à manger pendant quelques bonnes années. C'est ma voisine Marie qui l'a récupérée quand j'ai dit que je la remettais à la rue.
En tout cas, je suis fascinée par la vitesse à laquelle les objets les plus improbables trouvent preneurs. Dernièrement, j'ai laissé sur le trottoir un vieux billot de chêne terreux dans le sac à poubelle qui a servi à protéger mes vêtements. J'ai regardé dehors une heure plus tard et le sac à poubelle avait disparu - tout de même, il était neuf! À mon réveil, j'ai aussi constaté que le lourd billot avait suffisamment intéressé un habitant du quartier pour qu'il se salisse et se casse le dos en le trimbalant au cours de la nuit.
Et puisque je déménage, cet après-midi j'ai vidé la cave qui contenait encore des objets abandonnés par l'ancienne propriétaire de notre appartement. Vieilles photos de mariage des années 40, chaises chromées des années 50 (celles-là, je n'ai même pas eu le temps de les mettre à la rue car ma gardienne me les a demandées en me voyant passer), boîtes remplies de verres dépareillés et bouts de tuyaux, de fil électrique et de corde sont rapidement devenus des trésors découverts par les passants. C'est tout bénéf, et pour les gens et pour l'environnement. :)

13 commentaires:
Je crois aussi que nous avons ça dans les gênes (en fait nous sommes écolos sans le savoir!): quand j'étais enfant, mes parents n'étaient certes pas riches, mais mon père était surtout bricoleur... et il trouvait des trésors aux 'gros objets' (les tas qu'on laisse dans la rue pour que les ordures 'gros objets' viennent les chercher).
Un jour, il m'a rapporté une très moche étagère en métal orange, tordue et à qui il manquait des vis. Il l'a réparée, et aujourd'hui elle trône encore dans mon ancienne chambre (qui est devenue le bureau de mon père, d'ailleurs), et qu'il pourrait revendre à prix d'or tant elle est marquée 70's - ce qui revient furieusement à la mode.
Et la boucle est bouclée!
Une mention pour le billot de bois 1- parce que "Comment ça tu avais ça? Pour calmer un éventuel coup de cafard de la Beauce?" :) 2- pour la personne qui s'est dit "Tiens, tiens, ça pourra m'être utile"!
Mais j'y pense, je donne en fait une mention pour tous les gens qui réutilisent, c'est créatif et écolo.
Photos de mariage des années '40?? Comment quelqu'un peut abandonné cela derrière lui? C'est à n'y rien comprendre. (A moins que cette histoire se soit terminé par un divorce? )
Je me souviens, quand c'était le temps des «grosses poubelles» dans mon petit coin de pays. Où mes parents faisaient le tour du sous-sol pour jeter de vieux trucs inutiles. Mais le réel plaisir était d'espionner, voire même de minuter, les gens qui passaient avec leurs pick-up et ramassaient presque tout ... avant même que le camion à ordures ne passe ! hihi
Bref, au lieu de jeter, on oublie parfois que nos objets qui nous semblent inutiles et désuets peuvent en combler plus d'un.
Vivement les bazars de trottoir :)
Cool! En Suisse on appelle ça le chenit ou le jour des objets encombrants. Tout se retrouve au trottoir mais un seul jour par mois ou au deux mois.
Evidemment il y a des gens à l'affut qui ont l'horaire de chaque commune en tête! Pas fou l'idée de les qualifier de globules blancs!
Par contre... il y a aussi une pratique qui fait que certains vont volontairement abimer irrémédiablement leur divan ou autre objet pour faire SUR que personne en profitera!
Je trouve ça totalement égoïste!
Sinon pour le paysage urbain... c'est pas très joli mais bon.
À mon arrivé on a fait la tournée une couple de fois mon chéri et moi, en été: je me sentais un peu comme le soir d'Halloween!
J'ai encore 4 superbes chaises rembourrées qu'une ancienne voisine mettais à la rue. Je les avaient interceptées au passage, hihihihihi!
Blanche, j'aime bien l'idée du self-service sur le trottoir en tout cas! Je suis surprise qu'un énorme téléphone à cadran ne soit pas déjà parti puisque la mode est au vintage 70's. :)
Caroline, j'avais demandé un billot à quelqu'un pour couper des tessons de mosaique dessus sauf que la personne m'a rapporté ce billot affreusement lourd, donc peu maniable, qui avait passé des années dans son jardin et était recouvert de cochonnerie. Il faut dire que les billots ne courent pas les rues à Paris, sauf ce jour-là.:) Je ne sais pas à quoi il a pu servir à quelqu'un en tout cas!
Tangerine, nous avons gardé ces photos dans la cave pendant des années en pensant que peut-être un jour quelqu'un viendrait les redemander. L'ancienne propriétaire était une veuve âgée que ses enfants étaient pressés de "placer". Ils n'avaient sans doute pas envie de fouiller dans cette cave obscure et d'y faire le ménage et ont tout laissé sur place.
Geneviève, je me souviens des 30 juin au québec, où des gens font la tournée des "choux gras" laissé par ceux qui déménagent. Il y a véritablement des trésors à dénicher. :)
Béo, c'est débile de faire ça! Je suis plutôt contente de savoir que quelqu'un se sert de ce que je jette.
Moi, j'appelle ça faire du lèche-vidange. 95% de ce que j'ai, vient de la récupération: laveuse-sécheuse, set de chambre en chêne, pupitre, ordi, divan table ect etc. Je m'habille à la fripperie et j'hachète dans les bazars.
J'ai tout, je ne manque de rien, même une guitare récupérée. Ma dernière trouvaille, un dictionnaire récent: Larousse 2005.
Marchello Wow! J'aime bien aussi aller dans les magasins genre Emmaüs, il y en a plusieurs différents ici et je passe beaucoup de temps à choisir mes "coups de coeur".
Blue: pour ceux qui brisent volontairement avant de mettre au chemin; je trouve ça lamentable et d'un égoïsme grave! Qu'est-ce que ça peut leur faire qu'un autre en profite? Pffft!
Ce qui fonctionne très bien aussi, c'est le réseau des expats qui quittent le pays. Presque tous nos meubles viennent de là. Je me demande d'ailleurs comment ils font, les magasins de meuble, pour survivre ;-)
J'aime beaucoup ton concept de globule blanc dans un grand organisme vivant. Ça donne une touche poétique à l'activité de «pique-ordures». Franchement Blue, tes photos sont géniales et à conserver!
En passant, quand on regarde ce qui peut se vendre dans certains magasins d'antiquité, on comprend mieux l'importance de faire le tour des poubelles. Ça existe aussi à Québec mais ici les globules blancs passent la nuit avec des autos ou des petites camions et ça va très vite, comme si c'était honteux ou illégal
C'est surprenant à quel point des truc mis à la poubelle peuvent partir vite...Ce phénomène se produit aussi ici (au Québec) :)
Marchello, c'est clair qu'au Québec, quelqu'un qui fait le tour des rues le 30 juin peut facilement trouver sur le trottoir tout ce dont il a besoin pour se meubler correctement. :)
Beo, il n'y a pas vraiment de cochonneries chez Emmaüs car ils ne ramassent pas n'importe quoi, même si c'est donné!
Gryphon, c'est vrai que le réseau d'expatriés - surtout s'il est rattaché à une grande entreprise - doit être fort utile pour se meubler. Et on fait tourner la roue! :)
Merci, Lux. C'est bizarre la honte que les gens ont chez nous à récupérer. Je ne sais pas vraiment d'où ça vient... Crois-tu que c'est nord-américain, genre "tout doit être neuf, sinon t'es un raté"?
Dame, oui c'est durprenant. C'est comme dans les ventes de garage, où tout le monde finit par s'échanger ses babioles. :)
Pour la honte à récupérer, je n'en connais pas trop l'origine Blue. Il y a peut-être un mélange d'obsession du neuf à la USA et de snobisme, genre: «On est pas sur le BS pour aller prendre les déchets des autres...» Il faudrait faire un sondage ?
Peu importe la raison, il faudra que les choses matérielles circulent un peu plus pour réduire le gaspillage et la prolifération des déchets.
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