06 avril 2008

Clepsydre


L'un des nombreux chats de l'Acropole faisant la sieste sur le mur de la rue Klepsydras

En faisant une promenade autour de l'Acropole, le nom d'une rue a attiré mon attention et c'est ainsi que j'ai découvert le premier centre "Météo-Média" de l'Antiquité. Une source appelée Clepsydre (mot qui veut dire littéralement "voleur d'eau" et qui, une fois décomposé, contient les racines de mots français tels que cleptomane et hydratant) jaillissait du rocher de l'Acropole, était canalisée et s'écoulait dans la rue du même nom (photo ci-dessous). Elle alimentait une horloge, elle même appelée clepsydre, dont le mécanisme était actionné par l'eau.



Cette clepsydre était l'un des nombreux instruments météorologiques de la Tour des vents, construite par l'ingénieur macédonien Andronicos au 1er siècle avant J.C. et située dans l'Agora romaine d'Athènes. La Tour des vents était surmontée de la première girouette du monde, en forme de triton, qui pointait, selon la direction du vent, vers l'une des huit faces du monument, sur lesquelles sont sculptés les personnages représentant les vents dominants d'Athènes, soit Borée, Cécias, Apéliote, Euros, Notos, Lips, Zéphyr et Sciron.

Les faces de la Tour des vents étaient également dotées de cadrans solaires situés juste en dessous des reliefs sculptés. On peut comprendre que la clepsydre permettait de connaître l'heure pendant la nuit ou les jours nuageux.

Aujourd'hui, la Tour des vents, dépouillée de ses instruments et de ses canalisations quand elle a été réaffectée en clocher d'église, à l'époque byzantine, ne sert plus qu'à agrémenter le paysage. L'église a par la suite été détruite et la tour s'est enfoncée dans le sol avec le temps. On ne l'a redécouverte qu'au XIXe siècle.


La Tour des vents, avec son réservoir d'eau autrefois alimenté par la source Clepsydre

À chacune de mes promenades, le nom d'une rue me raconte une histoire et c'est là l'un des nombreux charmes d'Athènes.

7 commentaires:

Beo a dit...

Si je vois bien, cette tour est désafectée? Dommage!

Blue a dit...

Désaffectée? Ben... comment dire, pas plus que le Parthénon. :)

La source n'existe plus, elle n'est plus en état de marche et a servi de clocher à une église byzantine puis a fini par s'enfouir avec le temps pour n'être dégagée du sol qu'au XIXe siècle. À plus de 2000 ans, la vénérable vieille dame mérite largement de se reposer. :)

Beo a dit...

He he! C'est ça quand on utilise un terme douteux :)

C'est qu'en lisant ta description détaillée: j'en cherchais les traces sur tes photos.

N'empêche qu'ils étaient ingénieux, mais bon, si la source est tarie...

Blue a dit...

Euh... je me relis : ce n'est pas la source qui n'est plus en état de marche et a servi de clocher à une église byzantine, hein? :D

Oui, c'était très ingénieux parce qu'il fallait prévoir les différences de pression et de débit dans l'eau qui auraient influé sur la mesure du temps. Tiens, je vais ajouter quelques précisions au texte. Merci Béo, la relectrice. ;)

Anonyme a dit...

Ton article a un petit côté romantique : Chateaubriand ne renierait pas ce goût des ruines et des anecdotes !

J'aime cette possibilité de pouvoir tomber sur l'Antiquité à (presque) n'importe quel coin de rue.

Anonyme a dit...

L'architecture et le patrimoine grec sont décidément sublimes! De surcroît, ils sont bien servis par la qualité de tes photographies! Il semble que chaque rue regorge d'anecdotes tout à fait intéressantes! Tu dois te gargariser quotidiennement de ces coins magnifiques!

Blue a dit...

Merci pour le clin d'oeil, Amarante.

Émeline, c'est vrai qu'Athènes est une ville qu'il faut découvrir petit è petit (siga siga).