09 janvier 2007

Édimbourg et la chapelle Rosslyn

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi l'Écosse évoque un pays de légendes et de héros, de William Wallace (Braveheart) à Marie, reine d'Écosse, en passant par les chevaliers en quête du Graal et le monstre du Loch Ness. Normal pour un (ancien) pays qui le premier a fait figurer la licorne dans ses armoiries!


L'intérieur de la chapelle Rosslyn, fondée par William Sinclair au XVe siècle. Cette famille écossaise d'origine normande a joué un rôle très important dans l'histoire de l'Écosse.

Lors de ma visite à Édimbourg, j'en ai profité pour visiter la chapelle Rosslyn, située à 15 km de la ville et rendue célèbre par le Da Vinci Code de Dan Brown. Je n'avais pas lu le livre ni vu le film, mais j'avais entendu dire que c'était la plus belle chapelle d'Écosse, alors j'ai bravé la foule de codaphiles. Je peux vous dire que sa réputation n'est pas surfaite. Elle est splendide et très intéressante!

Ci-dessus, à la base d'un pilier, une sculpture d'un ange qui tient un bouclier aux armoiries de la famille Sinclair. On remarque la croix engrêlée (dentelée), qui fait directement allusion au Saint Graal. La chapelle est également truffée de symboles importants pour les francs-maçons. D'ailleurs, la première loge franc-maçonnique a été fondée à Édimbourg.

Frise sculptée au plafond de la chapelle

Une partie du pilier de l'Apprenti
Selon la légende, un maître maçon se sentant incapable de terminer de sculpter une colonne de la chapelle est parti étudier quelques mois en Italie afin de parfaire ses compétences. À son retour de voyage, il ne put que constater que son apprenti avait terminé le travail de façon magistrale et que l'élève avait dépassé le maître. Fou de jalousie, il a tué l'apprenti et fut par la suite condamné à mort. Pour punir pour l'éternité le maître jaloux, des maçons ont sculpté son visage dans un coin supérieur de la chapelle de manière à lui donner une vue imprenable sur la colonne parfaite exécutée par son élève...
Ci-dessus, voici des sculptures susceptibles d'alimenter les conversations dans les chaumières... En effet, bien que la chapelle ait été construite entre 1440 et 1486, cette fenêtre est décorée de plantes (dont des épis de maïs!) qui n'existaient qu'en Amérique, pourtant officiellement découverte par Christophe Colomb en 1492! Pour expliquer ce fait, des chercheurs sont convaincus que Henry Sinclair, le grand-père de William, s'est rendu en Amérique - et notamment dans l'actuelle Nouvelle-Écosse - près de 100 ans avant Colomb. Aujourd'hui, on a même érigé un monument à sa mémoire en Nouvelle-Écosse.

Ci-dessus, Arthur's Seat, colline et ancien volcan qui surplombe Édimbourg, vu du campus de l'Université d'Édimbourg.

Quant à Édimbourg, c'est sans doute la plus belle ville que j'ai pu visiter au Royaume-Uni. Son architecture gothique, bien différente de celle qu'on peut trouver dans le reste de l'Europe, et ses nombreuses dénivellations en font une ville originale au caractère dramatique.
Je n'ai pas vu Édimbourg sous la pluie, malheureusement. Il y faisait un temps de canicule... c'est à dire 25 degrés! Un chauffeur d'autobus avait l'air tout à fait dégoutté par tant de soleil. Je l'ai vu montrer le soleil du doigt en lançant "I don't like that! It's too hot!".

D'ailleurs, les Écossais ont un accent charmant qu'il n'est pas évident de comprendre tout de suite. Ils roulent les r et tout ce qui se termine par -urgh se prononce rreuh. On ne dit donc pas E-din-berg, mais quelque chose comme E-din-b'-rreuh.

Je n'ai pas trouvé le nom de ce château, ci-dessus.

Bien sûr, on trouve toujours un joueur de cornemuse dans le quartier historique (Square Mile), pour le plaisir des touristes.
L'histoire médiévale d'Édimbourg est également fascinante. Des guides touristiques s'empressent de vous décrire avec délice et moults détails les charmes de la vie citadine au temps de la Grande peste et des égouts à ciel ouvert. Les maisons étaient construites tout en hauteur, ce qui rendait les promenades périlleuses du point de vue sanitaire, car comment jetait-on ses déchets - y compris les déjections humaines - au Moyen-Âge? À la française, c'est-à-dire qu'avant de jeter leur ragoût odorant par la fenêtre, les Écossais avaient tout de même le chic de lancer un cri d'avertissement en français : Gardiloo! Façon approximative de prononcer Garde à l'eau (euphémisme)... qui tombe. Plof!


Un exemple d'architecture urbaine à deux niveaux. Des maisons sont carrément construites par-dessus d'autres maisons!

12 commentaires:

Anonyme a dit...

Très intéressant ce billet, pour avoir moi-même vu la jolie Édimbrrrr ;)
Et concernant ton anecdote sur "Gardiloo": c'est aussi pour cette raison que les Anglais qui vont au petit coin disent aussi «going to the loo» !
Merci pour cette belle visite écossaise sous le soleil (j'avoue que ça détrompe tous les clichés hihi).

Caroline a dit...

Le charme d'Édimbourg est rendu intact.

Tu parles de canicule, mais ne m'avais-tu pas dit que, pauvre de toi, tu avais dû acheter là un châle en cachemire, car une autre journée s'était montrée frisquette? :) Pauvre de moi, j'avais cherché un châle lors de mon séjour subvenu plus tard, mais je n'avais rien trouvé pour faire pitié comme je le voulais!

Super, l'anecdote du maçon! Tiens-toi!

Anonyme a dit...

Ca a l'air très joli en effet. Ca donne envie d'y aller.

Blue a dit...

Merci Geneviève. Concernant "loo", je ne suis pas d'accord. En fait, je m'étais posé la question et j'ai plutôt trouvé cette définition : "lavatory," 1940, but perhaps 1922, probably from Fr. lieux d'aisances, "lavatory," lit. "place of ease," picked up by British servicemen in France during World War I. Or possibly a pun on Waterloo, based on water closet. Mais oui, ça vient tout de même du français. :)

Caroline, la première journée il faisait froid (par rapport au Sud), mais le lendemain on était bien.

Bonjour Marie et bienvenue. Ça vaut certainement le voyage, en tout cas. :)

Christophe Berget a dit...

En fin de compte, je ne suis pas déçu que tu es fait ton billet sur Edimbourg...Fascinant

Anonyme a dit...

J'adore ton récit, tes photos, c'est super!
Au début je voulais voter pour Rome, mais je ne regrette pas, vivement que je me programme un voyage là-bas :-)
Pour l'anecdote du maïs, c'est incroyable, peut-être qu'ils ont été sculptés après, non? Ca me semble plus crédible, car un aller-retour dans le nouveau monde aurait-il pu passer inaperçu alors?
Ou alors le sculpteur a inventé une plante, qui par une coïncidence extraordinaire ressemble au maïs? C'était peut-être une framboise ratée qu'il a voulu faire?

Gardiloo! hihi!

Blue a dit...

Merci Christophe et Elté.

L'anecdote du maïs est sujette à controverse, mais de plus en plsu de spécialistes se rallient aux recherches faites par Niven Sinclair, un descendant canadien de Henry, celui qui serait venu en Amérique bien avant Christophe Colomb.

Sculpture d'une épée de chevalier médiéval dans la pierre au Massachussets qui date du XVe siècle, sculptures du XVe siècle de plantes indigènes nord-américaines à la chapelle Rosslyn, possession par Henry Sinclair d'une carte de l'Atlantique Nord très précise datant de 1395, légendes indiennes, traces linguistiques (gaélismes) du passage de blancs en Nouvelle-Écosse, les indices sont nombreux.

À ce sujet, Sinclair a publié un article très intéressant que vous pouvez lire en anglais à la page http://www.clansinclaircanada.ca/articles/beyond.htm.

En passant, des linguistes ont découverts plusieurs mots gaéliques incorporés dans la langue micmaque avant l'arrivée "officielle" des blancs en Amérique.

D'ailleurs, Micmac, le nom d'une bande autochtone du Canada, est un mot gaélique qui signifie "fils bien aimés"... Sinclair n'a manifestement jamais eu la brutalité des mercenaires découvreurs qui lui ont succédé! ;)

Anonyme a dit...

Ce que tu nous apprends m'intéresse au plus haut point. C'est vrai qu'il a été souvent question de découvertes de l'Amérique antérieures à 1492: les Vikings, le Chinois Zheng He, et maintenant des explorations écossaises! Je vais aller voir le lien tout de suite :)

Beo a dit...

J'adore... faut j'aille voir un jour!

Anonyme a dit...

Tes photos sont toujours aussi belles et tes «reportages» très intéressants. Moi qui sait quand même pas mal de choses, j'apprends toujours en te lisant.
Tu as de très bonnes sources -quand même pas seulement Wikipédia! Chapeau pour le lien gaélique-Micmac.
Si ce n'est pas déjà fait, avec ta culture, tes voyages, ta curiosité et la qualité de ta langue, tu devrais te proposer comme pigiste dans quelques journeaux ou revues culturelles d'Europe et d'ici.
Arrivederci Blue

Anonyme a dit...

Oups! Faute de français:
«moi qui sais» et non pas «moi qui sait»
Sorry

Blue a dit...

Merci Elté, c'est vrai que le sujet est intéressant. On aime toujours apprendre l'histoire "non officielle". ;)

Béo, tu aimeras sûrement!

Merci, Lux. Évidemment, si on me payait pour voyager et raconter mes voyages, ce serait un boulot de rêve. ;)