
Un homme d'affaires, son komboloï dans une main et sa serviette dans l'autre, dans une rue d'Athènes
On le voit partout dans les mains des hommes grecs. Le komboloï, une sorte de chapelet non religieux fait d'une chaîne de fil ou de métal sur laquelle glissent de 16 à 20 grains de bois, de plastique, d'ambre ou de pierre semi-précieuse, sert à se défaire de ses inquiétudes, à se détendre mentalement et physiquement, à passer le temps quand on s'ennuie, à jouer tout simplement ou même à faire diversion quand on veut arrêter de fumer.
On le fait tourner dans la main, on palpe ses grains ou on les compte, et son cliquetis a un effet appaisant et réconfortant. On dit qu'un bon komboloï doit plaire autant à la main et à l'oreille qu'à l'oeil. J'ai aussi entendu dire que des hommes refusent de laisser une autre personne y toucher, tellement ça peut devenir un objet personnel. J'imagine bien quelle émotion ça doit être d'hériter du komboloï de son père, sur lequel il a si souvent passé ses nerfs...

Comme c'est le cas de la plupart des traditions grecques, l'origine du komboloï est incertaine. D'aucuns disent qu'il dérive des chapelets religieux turques, que les Grecs persécutés ont adoptés de façon à se moquer de leurs occupants, et d'autres soutiennent qu'il est beaucoup plus ancien et dérive plutôt du komboskini, un bracelet constitué de noeuds (komboloï veut dire "groupe de noeuds") utilisé par les moines orthodoxes pour prier.

Mon komboloï. Les grains sont en amazonite.
Personnellement, je n'ai encore jamais vu une femme en utiliser un et certains Grecs voient encore d'un mauvais oeil une telle intrusion féminine dans le monde des rituels masculins. Toutefois, Mélina Mercouri n'hésitait pas à jouer avec son komboloï en public et puis, zut!, j'ai quand même succombé à l'envie d'en avoir un. Un ami m'apprend à m'en servir. :)
La vidéo suivante, en anglais, montre comment faire le premier mouvement de base :
5 commentaires:
C'est vrai, je vois peu de femmes jouant avec un komboloï. Mais c'est normal. Il y a encore 30ans seuls les hommes perdaient leur temps au café avec leur copains. On le voie toujours en passant devant les "cafénéo" d'ailleurs. Je suppose que les femmes, avec l'excuse du ménage et autres affaires de femmes, squattaient les unes chez les autres. Peut-être qu'elles se détendaient aussi grâce au Komboloï mais dans l'intimité d'une cuisine amie pas dans un endroit public. (enfin c'est mon hypothèse ;) En Grèce, il ne faut pas croire que les femmes ont moins de droit (civique, culturel, social...) que les hommes.... c'est un mensonge d'homme pour continuer à vivre dans l'illusion du commandement. Et ça, c'est la vérité locale :D
Hortense, oui, tu as raison. Mais les femmes ont beaucoup changé ici, je pense. Elles s'affirment et certains hommes s'en trouvent déstabilisés. Deux hommes m'ont dit "Les femmes sont folles, ici!". Selon le contexte, je l'ai interprété comme le fait qu'elles n'en font qu'à leur tête. En m'abordant, ces pauvres petits machos espéraient sans doute qu'une étrangère s'en laisserait davantage imposer qu'une Grecque. ;)
Fascinant!
Comme dirait Monsieur Spock, Mo. ;)
Awesome to see that people post on Komboloi and Komboskini in so many countries.
Supberb,
Regards and God Bless,
Tiffany Antonius
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