24 octobre 2006

Saveurs québécoises

La poutine Ashton... peut-être la plus authentique

Ah, une bonne poutine! Composée de frites, de fromage cheddar (en crottes, si possible) et de sauce brune, la poutine est la reine incontestée du fast-food québécois et l'équivalent du fish and chips pour les Anglais, en terme de popularité, de petit prix (l'addition se paie surtout en calories!) et de référence culturelle.

Dans ma jeunesse, j'ai roulé jusqu'à 80 km et fait Québec-Montmagny avec mon chum pour en manger une plutôt originale, que nous adorions : la poutine-salade au poulet du restaurant l'Entre-Gens, soit une poutine classique surmontée d'une salade froide faite de laitue iceberg, de morceaux de poulet et de sauce à salade Miracle Whip (fausse mayonnaise qu'on aime manger chez nous), réchauffée par une délicieuse sauce brune. Mmm! Le mélange froid-chaud, quel raffinement culinaire!

Il y a des jours où entendre l'accent québécois à Paris, à Londres, à Rome (les Québécois voyagent beaucoup) ou ailleurs, me fait l'effet d'une bonne poutine, les kilos en moins. Dernièrement, un Québécois qui racontait une histoire et l'a terminée avec un « pis lâ, l'éléphant y'a capoté » tout naturel m'a fait rire aux larmes.

Entendre l'accent québécois et parler sans le retenir, la bride sur le cou, (mais n'exagérons rien, je ne suis tout de même pas Diane Tell pour m'être subitement transformée en Parisienne du XVIe arrondissement!), ça me manque parfois.

Je n'ai jamais été du genre à vouloir me tenir avec des Québécois quand je suis à l'étranger, car je trouve que ce sont autant d'occasions potentielles ratées de parler avec des autochtones mais, franchement, pouvoir parler sans faire attention à sa prononciation, à ses expressions, à ses tournures de phrase et à son vocabulaire calqués sur l'anglais ou venant tout droit de l'époque de Louis XIV, ça fait autant de bien que de desserrer sa ceinture après avoir mangé une bonne grosse poutine...

16 commentaires:

Anonyme a dit...

Ouof, tu peux y aller franchement, avec l'accent québecois! Nous avons ici un collègue québecois qui ne se retient pas le moins du monde, et même qu'il pervertit mon français de parigot. En discutant récemment avec lui, au lieu de dire "concert" comme tout Gaulois qui se respecte, j'ai dû dire quelque chose comme "cancaïr", en traînant bien sur la deuxième kriss de syllabe ;-)

Anonyme a dit...

Oui ça fait toujours très curieux de rencontrer des Québécois à l'étranger. Et, je sais pas pour toi, mais moi, quand ça m'arrivait, je sentais un irrésistible besoin d'aller leur parler. Aucune gêne, tu vois. Juste leur demander d'où ils viennent et pourquoi ils sont là. Et à chaque fois, je repartais avec un sourire grand comme ça.
Le plus drôle, c'est quand j'étais à Londres et que j'ai "décelé" 2 québécois qui travaillaient dans des Starbucks, juste par leur accent en anglais ...
Et c'est sans parler des Québécois que j'ai aperçu (et entendu) sur la plage Barceloneta (monokini) où des filles s'est permise de commenter - de son franc-parler - le "paysage" qu'elle avait autour d'elle, ne se doutant pas que quelqu'un comprenait, à 2 mètres d'elle. La honte ;)

Caroline a dit...

Je seconde Geneviève dans ses propos et ajoute que tu es bien servie quand on discute, toi et moi, car je parle un québécois de fond de campagne avec beaucoup de plaisir. Peut-être pour me rattraper pour les fois que je dois parler anglais?

"Pis là, l'éléphant y'a capoté": ça me rappelle un raconteur d'histoire favori, ça! ;)

Anonyme a dit...

Ah comme je comprends ! Lorsque j'étais de passage en France, je me suis refusé à emprunter l'accent français, mais je faisais tout de meme attention à mes tournures de phrases, à mes expressions, à mes diphtongues... Je me rendais compte qu'après 20 minutes de conversation, j'étais épuisée comme après une conférence de 3 heures. Chercher ses mots, reformuler dans sa tête, brider sa spontanéité... ouf ! "c'fatiquant"

Blue a dit...

Gryphon, oui, j'aime bien pervertir le parigot de mes amis et ne vais pas me gêêêner ici, mais tout de même, il faut reconnaître que le Français moyen, même s'il aime souvent l'accent québécois et que ça me donne certains privilèges (dont je reparlerai!), ne comprendrait pas vraiment ce que je dis si j'étais 100% naturelle.

Geneviève, moi aussi, je fais la même chose : ça me fait plaisir d'en rencontrer et je leur demande souvent d'où ils viennent (j'ai rencontré un Québécois dans un TGV vers Avignon qui vivait à 30 km de chez mes parents!), mais après je me sauve! Mais c'est vrai que c'est drôle d'écouter parler québécois en prenant du recul, surtout lorsque la personne croit que personne ne la comprend! ;)

Caroline! J'aime bien sortir mes expressions les plus régionales des boules à mites avec toi. Et tu connais certainement très bien ce gars qui raconte de tout son coeur une histoire drôle. hihi...

Rédatrice chauve, le mot qui tue en France : beurre (baûûr, avec une bonne diphtongue bien sentie). Je te garantis que tu pourras le répéter 10 fois que personne ne sauras de quoi tu parles! :)

Anonyme a dit...

KFC rules!

Anonyme a dit...

Moi quand j'entend l'accent québécois ou l'accent français à Vancouver, ce qui arrive quand même plus souvent qu'on pourrait le penser, ça me fait tellement plaisir!
Ce qui est marrant, c'est qu'après avoir vécu presque 6 ans au Québec, en n'ayant eu que des amis Québécois qui ont "perverti" mon français de fille du Sud, j'ai attrapé un petit peu d'accent et d'expressions (mais je ne sacre pas, du moins pas en présence de québécois!).
Alors quand je parle avec un Français ici, ça ne rate pas, il pense que je viens du Québec! Mais si je parle avec un Québécois, il est pas fou, il sait que je suis Française ;-) Et moi, je ne sais plus qui je suis...!
En tout cas, mon français, il ressemble à n'importe quoi, un mélange de ci et de ça, plus des expressions anglaises ou traduites littéralement de l'anglais et un reste d'Haïti. Ca me plaît!

Anonyme a dit...

Chère Blue,

j'ai découvert ton blog d'après le mot que tu as mis sur celui de Nathalie (natfromto).
J'ai vécu un an à Montréal en 2002-03, et... la poutine me manque vraiment beaucoup!
Toi qui est Parigo-londonienne, saurais-tu où je pourrais trouver une bonne poutine !?

Il y a deux semaines, suite à un très court séjour à Londres, l'idée m'est venue d'aller travailler là-bas. Je suis chimiste et il y a plus d'emplois en Angleterre qu'à Paris. Je pense que je goûterai moi aussi aux plaisirs de l'Eurostar :)

Blue a dit...

Col. Saunders : Adrian, sors de ce corps!

Véronique : C'est bizarre, l'évolution d'un accent en fonction de l'environnement et la force avec lequel il peut revenir avec nos ex-compatriotes. :)

Bonjour Ian-Tâm et bienvenue : Si tu es sur Londres, la seule poutine que je connais (et elle est tout à fait mangeable!) est celle du Maple Leaf pub, sur Maden Lane. Je ne sais pas où on peut en manger à Paris, mais Paris vaut bien un aller-retour en Eurostar malgré l'absence inacceptable de poutine. ;)

Anonyme a dit...

Mais elle commence à me titiller les papilles cette belle photo de poutine qui apparaît quand on ouvre ton blogue ... ;) Allez hop, on met un nouveau billet pour qu'elle descende un peu plus bas, hors champ hihihi

Pur bonheur a dit...

Quand tu parles du mot 'beurre' ça me fait penser...Nous sommes allé a Lausanne il y a quelques années, et a chaque fois que mon mari demandait du beurre pour mettre sur son pain le serveur entendait 'Barre' le poisson. Et inévitablement s'ensuivait une discussion sans fin :o)

Anonyme a dit...

Je suis habituellement sur Paris. Mais cette année je serai plutôt à Dijon où je fais ma thèse.
Ce week-end je rentre à Paris, et j'irai voir du côté de la place du Québec: il me emble qu'il y a une sorte de bar québécois dans le coin: peut-être y trouverai-je mon bonheur...

Caroline a dit...

(Ce qu'il est drôle, ton "colonel Sanders"!)

Mais donc, j'ai fait passer le test du mot "beurre" à un Français de mon école d'anglais, aujourd'hui, et quand je lui ai demandé ce que voulait dire "J'veux du beurre", il m'a dit: "Euh. Tu veux changer de bord?".

Et je me suis mise à faire le clown avec mes diphtongues pour le scandaliser... Je me trouvais très drôle. Du fun à peu de frais!

Blue a dit...

Ian-Tâm : C'est le bar l'Envol, je pense, métro Monge. Je ne sais pas pour la poutine, mais en tout cas, si tu peux, bois donc une bonne Fin du Monde à ma santé. ;)

Caroline : Oui, c'est de l'autodérision... presque anglaise. ;)

Blue a dit...

Oups... et bienvenue, Tangerine du Québec. ;)

Anonyme a dit...

J'haïs la poutine, mais maudit que j'aime ça aussi m'exprimer sans retenues! J'ai l'occasion de le faire souvent, au hasard des rencontres.

Juste d'entendre l'accent québécois, si je file pour: je vais aborder l'inconnu facilement et on jase comme de vieux chums. La dernière fois c'était au restaurant à Genève un midi.

Evidemment; mon patron et mes collègues en reviennent pas à chaque fois de nous voir aller!