15 octobre 2006

Religions suck

La nouvelle selon laquelle un livre qui rejette toutes les religions, The God Delusion, se vend comme des petits pains chauds et est en voie de devenir un bestseller au Royaume-Uni me réjouit. Religions suck. Elles n'ont jamais réellement menées qu'à la guerre et à la division, toujours en raison de leur nature dogmatique et exclusive. Dans l'idéal, je souhaiterais donc voir la disparition des religions.

Pourtant, j'accepte de me voir comme une catholique pour des raisons culturelles et familiales. C'est la religion de mes parents et de mes grands-parents. Je suis attachée à nos fêtes religieuses parce que ce sont toujours des fêtes familiales.

Chaque année, ma grand-mère faisait sa neuvaine à Sainte-Anne. Pourquoi Sainte-Anne? Parce que c'est une des rares (sinon la seule) saintes qui a été grand-mère, et que la mienne avait adoré sa grand-mère. Voilà. La sentimentalité résume souvent l'attachement qu'on peut avoir pour sa religion et celle de ses ancêtres. À ce stade-ci, aucun risque de devenir kamikaze...

Je ne me convertirais à aucune autre religion, simplement parce que je n'ai nul besoin de me soumettre à plus d'exigences que je n'accepte de ma religion d'origine. C'est-à-dire peu. Les concepts de charité, de pardon et de réciprocité (Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse) que j'ai tirés du catholicisme me conviennent tout à fait et me suffisent comme religion. Ces notions relèvent en fait de la morale et du bon sens, et on peut devenir une bonne personne en suivant ces règles toutes simples (mais pas si faciles à appliquer en tout temps!). Jusque-là, pas de danger de déclencher une guerre pour une telle religion... qui n'en est pas une!

J'aime les églises et les cathédrales parce qu'elles sont belles et calmes. Je vais m'y asseoir de temps à autre pour me retrouver, dans l'odeur d'encens, et j'allume un cierge en ayant une pensée pour mes grands-parents décédés. Je pourrais trouver une mosquée ou une synagogue tout aussi belles et tranquilles. Encore là, avec cet esthétisme, on ne risque pas de développer une fixation sur les impies...

La vue d'un hidjab, d'une kippa, d'un turban sikh ou d'une croix ne me heurte pas. Ces signes religieux ne semblent pas rattachés à de l'extrémisme. Ils peuvent tout aussi bien traduire une appartenance culturelle qu'un attachement sentimental à une religion. Ça ne me semble pas dangereux du tout.

Par ailleurs, une femme peut être heureuse de se vêtir modestement ou de se montrer sexy. C'est selon. Personnellement, je ne crois pas que la tyrannie esthétique masculine me fera choisir des talons aiguilles plutôt que des sensible shoes. On n'en est plus à ce féminisme du rejet des jeux de la séduction, je pense, et passé 20 ans, je crois que les femmes sont conscientes que ce qu'elles portent véhicule un message et leur accole une certaine image qu'elles sont libres de choisir.

Le véritable danger de la religion vient de la bigoterie et de l'autosatisfaction de ceux qui prennent leur religion, qu'elle soit chrétienne, juive, musulmane ou autre, pour la seule vérité. Ça, c'est de la maladie mentale qui mène à la violence. Ça tue le cerveau et toute tolérance, et la vie humaine ne devient plus qu'une longue série d'actions-réactions irrationnelles.

On en voit tous les jours dans les journaux, de ces actions-réactions. Attentats, kamikazes ou non, crimes d'«honneur» et femmes défigurées à l'acide ou assassinées, massacres organisés contre des gens pas assez religieux au goût du jour, toute l'horreur du monde peut être contenue dans le seul mot religion si l'on n'y prend garde. La religion peut facilement devenir une arme de destruction massive entre les mains d'abrutis.

Quant au hiqab, ce long voile que la femme porte et qui ne lui laisse qu'une fente comme horizon, il me semble tout à fait aberrant. C'est d'abord le symbole d'un extrémisme dangereux et d'un rejet de la communication dans sa forme la plus naturelle et humaine : l'expression faciale. C'est aussi le reflet d'une volonté de s'isoler du reste de la société et une forme de ségrégationnisme.

On peut aussi se demander si la femme au hiqab est libre de se vêtir ainsi ou si elle est soumise à la loi des hommes (le Coran ne prescrit nullement ce vêtement). Si elle y est forcée, on doit le condamner vigoureusement, comme tout pratique allant à l'encontre des droits de la personne.

Par contre, j'ai lu très souvent que les mères des femmes qui choisissent de le porter avaient adopté la mode vestimentaire occidentale et que la fille réagissait en choisissant une mode vestimentaire à l'extrême opposé. Des filles décident bien de s'habiller en gothique, en punk ou en lolita pour défier la mère? Mais voilà encore un comportement action-réaction douteux et la manifestation d'une rébellion plutôt adolescente. À chacune ses névroses...

Enfin, comme dans Imagine de Lennon, je souhaiterais voir un monde qui vit dans la paix, et cette paix me semble plus facilement réalisable sans religion. Un monde sans religion, puisque l'entente entre les religions semble si difficile, est-ce possible? You might say I'm a dreamer, mais au vu des ventes impressionnantes de The God Delusion, I'm not the only one...

5 commentaires:

Christophe Berget a dit...

Tu as écris ce que je pense, histoire du voile compris ; je suis en parfaite adéquation avec toi.

Anonyme a dit...

Houlà, beaucoup de choses dans ce billet! Religion, tradition, morale, féminisme, mode vestimentaire, statut social, relations familiales - et tu as raison, tout ceci est lié! :-)
Je suis évidemment d'accord que tout fanatisme religieux ou séculaire est la pire des conneries; malheureusement faudra vivre avec pendant longtemps encore...

Blue a dit...

Enfin, c'est compliqué tout ça, mais je pense vraiment qu'on vivrait mieux sans religion.

Bienvenue à toi, amic. ;)

Caroline a dit...

Je pense que même sans religion, l'être humain trouvera d'autres raisons de s'entretuer. Je pense que les guerres de "religion" en sont toujours pour avoir du territoire, des ressources naturelles ou le dessus sur un autre groupe culturel/ethnique. La religion est un faux prétexte ou alors, une façon facile de départager un groupe d'une autre, ça catégorise et ça aide à parler du conflit. Les religions en tant que telles, je pense qu'elles font du bien. Ce que l'humain en fait est humain. Gommer les religions ne m'apparaît pas comme garant de réduire le nombre de conflit.

Pour ce que tu dis sur le féminisme, je pense que tu fais un peu référence à ce que j'ai dit dans mon propre blogue. Je me sens visée, en tout cas! J'avoue que la position que j'y ai déployée fait un peu "vieux féminisme", et "victime qui voit de l'aliénation partout". Mais je ne la défendrai pas, elle est in progress et je n'arrive pas à la nuancer mieux que ce que j'ai fait aujourd'hui! Je vais vivre avec!

Blue a dit...

Chère Caroline, évidemment que l'homme trouvera toujours des raisons de s'entretuer, mais je trouve que les religions compliquent beaucoup pour rien les relations entre les humains. Encore là, on est dans le domaine des opinions et les dogmes n'arrangent rien.

Et non, je ne te visais sûrement pas avec ma note sur le féminisme. Ce n'est pas mon genre, promis. Ça fait un bout de temps que ça me travaille.

Peut-être qu'il faut savoir que je suis de la génération de femmes qui a dit "On n'est pas des féministes" à Marc Lépine avant de se prendre des balles. Pour nous, le féminisme a vraiment mauvaise presse (pour avoir entendu des discours féministes radicaux vraiment capotés à la fin des années 70) et sincèrement, si l'on doit beaucoup aux femmes qui ont lutté pour que nous ayons tous les droits que nous tenons pour acquis aujourd'hui, je trouverais aussi bizarre de me dire féministe qu'hétérosexuelle et de le revendiquer.