
En cherchant une photo de discussion animée dans Google, je suis tombée sur une photo d'amoureux à Paris... :)
J'ai eu un de mes premiers chocs culturels en France lorsque je me suis retrouvée à table avec la famille toulousaine de mon mari. Tout le monde parlait tellement fort qu'on aurait dit une engueulade, et je commençais même à me sentir mal à l'aise.
Vont-ils aussi se taper dessus?, m'inquiétais-je. L'argument passait d'un côté à l'autre de la table à une vitesse folle, comme une petite balle jaune à un match de tennis de championnat, et je redoutais de me trouver dans la trajectoire d'un smash de Roger Federer.
Un peu choquée, j'ai mentalement coupé le son pour les regarder. Fourchettes en l'air, sourcils froncés, concombre menaçant pointé sur l'adversaire, tomate blessée abandonnée au champ de bataille, vraiment rien pour évoquer la bonne entente et la sérénité familiale. «Mais qu'est-ce qu'ils ont?!», demandais-je à mon mari. «Ben, ils discutent!» Quelle question! Évidemment.
Les Français adoooorent argumenter. C'est un sport national au même titre que le foot. J'ai un ami Alsacien qui aime tellement les débats sans fin qu'il joue souvent à l'avocat du diable, juste pour le plaisir d'en faire durer un le plus longtemps possible. Un verre à la main, il est in-fa-ti-ga-ble. Moi, je m'épuise vite avec mes piles chinoises sans nom mais lui, il a des Duracell au dessus cuivré et se délecte de ma déroute dans un grand rire tape-cuisse. En bonne Québécoise, je mets fin au match en faisant mon McEnroe : je lance la raquette.
Les Québécois ont tendance à abandonner assez rapidement la partie lorsqu'ils se rendent compte qu'ils n'arriveront pas à s'entendre. Le consensus nous importe infiniment. Les référendums en série, ça nous connaît, mais l'ostinage, ça nous fatigue. Chez nous, on fait même des révolutions tranquilles. Pas d'ennemis à raccourcir et personne à trucider. On veut la paix.
«Je joue pu, debord!», «Pas de chicane dans ma cabane!», «Accordez-vous donc, c'est si beau l'accordéon!», nous avons toute une série de phrases toutes faites de ce genre pour mettre les discussions animées et les différends au tapis et retrouver rapidement un semblant de sérénité. La paix rétablie, on s'écrase sur le sofa et on sourit, soulagé. «Ahhh... Fait chaud, ça pue pis on est ben.»
18 commentaires:
Délicieux recours au monde du tennis!
Je suis tellement québécoise. Les débats m'é-pui-sent! Ils me laissent exsangue et étourdie. T'as dit ton point, j'ai dit le mien, ok; passons à autre chose!
Je ne sais pas si je dois considérer cela comme de l'incompétence argumentative ou simplement comme une question de goût: m'ostiner n'est pas ma tasse de thé, point à la ligne.
La mauvaise foi me pue au nez, m'agresse et me met le feu aux poudres tandis que la recherche du point en commun pour que tout le monde soit content me permet de rester dans la béatitude... Ah! Pourquoi troubler ma sainte paix!
(Je blague un peu, ce n'est pas non plus comme si on ne discutait JAMAIS. Mais on discute plus doux, ça, c'est certain.)
Ben oui, on est comme ça. À ma connaissance, il n'y a pas eu beaucoup de guerres chez-nous. ;)
hehe je me reconnais moi aussi dans tes mots. "J'haguis" "m'ostiner" ... et je déteste par le fait même les émissions de télé où 'on débat pour débattre et qu'on en retire rien d'instructif.
Tu m'as bien fait rire avec ton allusion aux Francais qui adorent argumenter ;) C'est d'ailleurs ce qui a fait que j'ai davantage apprécié la culture anglaise ... ne trouves-tu pas que les Anglais nous ressemblent sur ce point ?
Geneviève, ma mère déteste aussi les émissions de TV 5 où les invités discutent chaudement. Elle dit qu'"y'ont toutte l'air enragés!". ;)
J'ai de la difficulté avec le sens de l'ostinage si français de mon mari. Quand il commence, je claque la porte, je m'en vais ou je coupe le son mentalement.
Les Anglais sont plus reposants là-dessus, oui, avec leur habitude d'atténuer toute affirmation. "I'm afraid that"... "It seems that"... Peut-être bien qu'on tient un peu de leur culture à cet égard, oui. :)
C'est une des raisons pour lesquelles je me suis sentie si bien en m'installant au Québec, les débats à la Française m'agressaient trop, j'étais contente de trouver des gens plus... parlables, on va dire!
Je pense que je le prenais trop personnel, alors qu'après tout, c'est vrai, en France on fait des débats pour le plaisir d'argumenter bien plus que pour déterminer qui a raison, qui a tort.
Mais là, à Vancouver, je crois qu'on tombe dans l'excès inverse, on bien trop poli pour oser contredire qui que ce soit... Boring!
"La guerre, la guerre... c'est pas une raison pour se faire mal!"
Désolée, c'était trop tentant.
Je dois avoir des gênes français plus tenaces ou bien je suis atypique parce que moi j'adore les débats... dans le respect on s'entend. Et peu m'importe si à la fin personne n'a bougé d'un pouce (mon ex disait... pourquoi tu me laisses jamais gagner? ÇA, ça me rendait folle! Ce n'est ni un concours, ni une compétition!)... tant que la gymnastique mentale était de qualité et que la discussion était intéresssante... Parlez-moi de ça... un bon duel d'esprits... C'est, à mon avis, passionnant et enrichissant! Et j'admire énormément les gens qui manient les arguments logiques et bien pensés comme une arme redoutable et s'expriment bien...
Ah ben non, les Anglais débattent, ils ont même érigé le débat en art, témoin tous ces "debating clubs" traditionnels et très jouissifs. Sauf que ça se passe de façon ordonnée et respectueuse, tandis que le style français, c'est plutôt "bordel ambiant" et de toute manière plus latin. Dans les familles mexicaines, c'est parfois pire ;-)
PS: Et j'adore ces expressions du Québec! :-D
Ah ça c'est un vrai volet Québécois! Moi ce qui m'épuise... c'est ceux qui s'écoutent parler.
Un vrai débat pour s'amuser ou vraiment arriver au bout du sujet de toutes les parties: j'aime bien. Tant qu'y a pas de mauvaises foi, de coups bas au passage: ça va!
Mais que c'est donc vrai qu'on a tout plein d'expressions pour calmer le jeu.
J'ai bien ri en te lisant; même si c'est un sujet bien sérieux au fond :-D
Tiens tiens, je me sens très 'québecoise', ce soir, en lisant ce billet...
Malgré mon arbre généalogique 100% français (enfin, avec du basque un peu quand même), les discussions sans fin m'exaspèrent...
Et comme je ne me fatigue pas à rentrer dedans, on me reproche de ne pas vouloir argumenter!
Ah, ces Français...:)
M : Je peux confirmer qu'on t'a transmis en droite ligne depuis le 17e siècle le gène de l'ostinage. :D
Si je peut me permettre.. je descends en droite ligne de Bretons dont j'ai hérité du gêne de l'astinage mais aynt eu le bonheur de naître au Québec... on dira que ce gêne a eu la possibilité d'évoluer.
Plus sérieusement: je suis très soupe au lait si on me prends de travers et je reconnais bien là mes origines lointaines qui reviennent au galop.
J'ai juste appris à les maîtriser, mais faut pas me chercher sinon.... :-D
Beo : J'ai un peu entendu parler des Bretons, oui (par des Normands, hihi). Mais c'est du bon monde, hein? :D
M et Blanche : Bien sûr, ce portrait ne correspond pas à 100 % des Français et à 100% des Québécois et il y a toujours quelques gènes mutants ici et là. Mais je pense que "la tendance se maintient", comme dirait Bernard Derome. ;)
Blanche : J'essaie de comparer nos deux cultures fondatrices (française et anglaise) et de rechercher leurs points communs avec la culture québécoise, mais c'est pour le fun, hein? Si je dis d'un bébé qu'il a le nez de son père, ça ne veut pas dire qu'il ne ressemble pas aussi à sa mère. L'heure de gloire des Français va bientôt arriver dans mon blogue. Patience... ;)
Gryphon : Ah! Les "debatting clubs" et le fair-play anglais... J'imagine tout de suite le lancer du gant pour ouvrir le débat et les chapeaux à plumes. :)
Véronique : On rit un peu (beaucoup) des Canadiens-anglais au Québec et on les trouve drab'n boring. Mais je les trouve aussi gentils et serviables.
Beo : C'est pas parce qu'on rit que c'est drôle, comme dirait l'autre. :D
M: Oh Oooohh... Je suis pas certaine que ce soit une bonne chose ;)
Pas grave, M, on t'aime pareil. ;)
Moi ce que je disais, c'est que parfois aussi ce trait de caractère très français me soulait!:)
Donc je suis complètement d'accord avec toi!
Sinon, dans l'heure de gloire des français, j'espère lire:
ils font la meilleure cuisine
ils sont beaux
ils sont hyper-productifs au travail (rigole pas, c'est vrai:))
ils ont une élégance naturelle
ils ne sont pas hypocrites: quand ils t'aiment pas, ils t'aiment pas; pas de mielleusetés!:)
Voilà, cette liste est bien sûr non exhaustive:)
When everything is said and done!Ouais tu m'en diras tant ..et plus De Véro j'ai atterit chez Blue de Blue chez Caro.tout ça a commencé parceque véro lâché lousse dans le vertigineux monde des blogues a surfer vers haïti ou elle a vécut. Je blogue créole, pas trop perso sur blogspot mais sur msn space plus. enfin je n'ai pas encore dit à Véro que je suis née à N.Y.Elle va croire que je me gonfle la poire avec histoires de pomme! bybybluebird!!!
C'est noté, Blanche. J'espère que je répondrai à tes souhaits. ;)
Bienvenue Chasimbi. La chaîne du blogage c'est quand même mieux que les chaînes de lettres! :)
Publier un commentaire