
À la suite de la question qui tue posée par Gryphon, j'aimerais que mes lecteurs québécois me parlent de la perception qu'ils ont des Anglais et des Américains et de l'apport de ces derniers à notre culture, le cas échéant (mais tout le monde peut bien sûr s'exprimer sur cette question ;)
Bref, suis-je aussi confuse que Bob dans le film Elvis Gratton quand j'essaie de définir notre identité culturelle et de reconnaître l'apport de certaines nations?
Bob : Moé ch't'un Canadien québécois! Un français Canadien-Français!
Voyageur : Ah bon!
Bob : Un Américain du Nord français! Un francophone québécois canadien!
Voyageur : C'est certain!
Bob : Eh ... Un Québécois d'expression canadienne française FRANÇAISE! Eh - On est des Canadiens américains francophones d'Amérique du Nord! Des franco-québécois.
Linda : On est ... On est des franco-canadiens du Québec
Bob : C'est ça!
Linda : Des Québécois canadiens!
Bob : Les deux, ouais, c'est vrai!
Linda : C'est ça!
16 commentaires:
J'adore l'image humoristique!
Comme toi, Blue, je ne me sens pas influencée par la culture américaine. On partage sans doute certains points en commun avec les Américains, points qui nous viennent peut-être des Anglais, comme la courtoisie, notamment. Mais les Américains sont "louds" comme pas un Québécois et encore moins un Anglais ne peut l'être. Je pense que les Américains se sont développés un peu plus en opposition des Anglais dont ils se sont séparés dans la violence, après tout.
Chez les Québécois, comme notre identité anglaise était vécue inconsciemment, je pense qu'elle est restée plus intacte, car on ne luttait pas contre elle, ignorant presque sa présence.
Mais ce ne sont que des intuitions.
Je suis d'accord avec toi. en tout cas, on voulait nous faire ignorer sa présence. ;)
C'est quand même énorme, cette histoire d'identité anglaise, tu ne trouves pas? Même si j'en ai parlé de façon rationelle, j'en arrive presque à douter, à me demander si je fabule... Comment peut-on l'occulter à ce point, au Québec?
Pourtant, quand je suis à Londres, je ne doute plus du fait qu'on partage vraiment beaucoup de choses avec les Anglais. J'ai cette sensation de familiarité depuis ma toute première visite.
Je suis d'accord qu'on partage énormément de choses avec l'Angleterre et ce n'est pas le mépris que nous avons avec les Français non plus. Lors de son passage à Paris, un de mes amis s'est fait dire que son accent était charmant et que c'était bien de pouvoir entendre un coureur des bois comme ça avant de se faire dire qu'en France, ils avaient une histoire, au contraire du Québec. J'étais très fier de lui quand il lui a répondu "Qu'en fait, une des pièces majeures de notre histoire est que les Français se sont fait battre par les Anglais en 30 minutes et qu'ils ont perdu la Nouvelle-France ainsi".
Pour le sentiment d'être américain, c'est une question épineuse. À la fois on voit toute l'influence américaine par la culture et les façons de vivre et de penser, autant qu'une visite de l'autre côté du 49e parrallèle nous donne un choc culturel. Nous partageons une foule de choses en commun, ils exercent une certaine influence, mais c'est loin d'être le même pays!
Pour ce qui est de l'Angleterre, on voit qu'il n'y a rien de pareil, mais ce n'est pas tellement différent du Québec non plus. À part les gens qui boivent trop et tout le temps et les fèves au lard qui sont omniprésentes, je n'ai pas eu de gros choc, comparativement aux États-Unis où trouver des toasts pour déjeuner relève de l'exploit à certains endroits, où le café et le jus d'orange ont laissé leur place au Coke pour le déjeuner et où les portions sont gigantesques et grasses tout en ayant cette culture de l'anorexie à certains endroits.
L'Amérique que j'ai en tête, c'est celle de mon voyage à New York quand tu as des publicités tapissées partout sur les différents régimes qui sont offerts dans les restaurants et le spécial pour le All u can eat à $4.99. C'est un monde où le juste milieu est difficile à trouver, où les obèses côtoient les anorexiques et que des gens en santé sont difficiles à trouver.
L'Amérique, c'est également mon voyage en Floride en 2005 quand j'ai vu cette femme tellement grosse qu'elle devait s'appuyer sur son SUV pour monter sur le trottoir, sur ces autres qui ne pouvaient plus se mouvoir d'eux-mêmes, mais qui faisaient la file pour s'acheter des pilons de dinde (une collation assez prisée d'après ce que j'ai pu constater) dans leurs chaises roulantes.
Je crois que nous partageons beaucoup plus de choses avec l'Angleterre que la France ou les États-Unis, mais que leurs éléments se retrouvent également chez nous. Le Québec est un carrefour des cultures en Amérique du Nord et Montréal est encore plus intéressante dans la mesure où on a plusieurs cultures qui se côtoient, sans les tensions raciales de Londres.
Jean-François, je ne sais pas si je t'ai bien compris, mais je n'ai de mépris pour personne. Je voudrais juste rétablir l'équilibre dans ce qu'on doit aux uns et aux autres dans notre culture. Je suis tannée de la glorification d'un seul de nos pays fondateurs et je trouve que notre culture est un beau mix avec un petit plus juste à nous autres.
Et puis ça ne fait aucunement des colonisés de nous si nous reconnaissons l'apport culturel des Anglais. De ce fait, on se l'approprie pleinement.
Et si on ne possède que ce que l'on connaît, aussi bien être au courant, hein! :D
Houlà, on lance tout un débat ici, ma chère Blue ;)
Comme toi, j'ai ressenti une impression de familiarité dès la première fois que j'ai foulé le sol Anglais. Un étrange sentiment de bien-être et une sorte de non-dépaysement. En France, je me sentais vraiment touriste et mis à part la langue, pas tant de choses en commun.
Je crois que les Américains nous influencent grandement à chaque jour dans nos habitudes de consommation et notre culture. On n'y échappe pas(même si on voudrait, quelques fois).
Mais pour ce qui est de nous, comme peuple, je crois qu'on a une attitude beaucoup plus Anglaise: on n'aime pas la chicane, on est, somme toute, polis et réservés, et on n'envahit pas quand on va en voyage à l'étranger (contrairement aux Américains qui sont détestés partout dans le monde quand ils voyagent, même au UK).
Bref, pas facile comme débat. Mais je pense qu'on a su piger un peu de tout dans les trois cultures qui nous ont influencé. Et quoiqu'il en soit, on est distinct de tous nos "cousins".
Ça serait intéressant d'avoir les opinions inverses de Francais, Anglais et Américains qui restent au Québec et qui pourraient nous donner leur point de vue là-dessus ?
Anyone / Quelqu'un ?
Hem, hem... je suis évidemment très honoré d'avoir lancé le débat. Mon collègue québecois, lui, pour la petite fiesta de demain, a promis de se déguiser en Français. Voyons voir ce que ça donne ;-)))
Je voudrais bien voir ça. Une photo? ;)
Je vais voir ce que je peux faire ;-)
Blue: ne t'inquiète pas, je ne crois pas que tu faisais preuve de mépris, ne t'inquiète pas pour ça! D'ailleurs, je ne méprise pas un peuple, c'est idiot de généraliser à un peuple en entier!
Reste qu'il faut reconnaître toute l'influence de notre multiculturalisme! Juste ici à Montréal, je vois beaucoup plus d'endroits "italiens" que ce que je voyais à Londres et je crois que ce n'est pas une coincidence! Quant à savoir de qui nous ressemblons le plus, je serais forcé de dire l'Angleterre suivi des États-Unis pour en terminer avec la France, malgré tous les rapprochements que les politiciens et nationalistes essaient de faire...
Mmmmh! C'est vraiment intéressant de vous lire. Je ne peux pas donner un avis argumenté, n'étant Québécoise que d'adoption récente, en plus Française, en plus vivant dans l'Ouest Canadien! Mais je n'ai jamais aimé le cliché réducteur qu'on entend toujours quand on parle du Québec: "c'est la France en Amérique du Nord". Oui nous parlons la même langue, mais l'état d'esprit n'est pas le même, la culture n'est pas la même.
J'aime, entre autres, la mobilité, l'efficacité dans les services, l'ouverture que j'ai trouvées au Québec, et dans l'Ouest (à part l'ouverture, mais c'est peut-être moi qui manque d'ouverture ici!). Du peu que je connais, cependant, je vois plus de ressemblance entre Montréal et, disons, New York ou Boston qu'avec l'Ouest. Ici, c'est comme un autre pays...
Vaste débat oui! De par l'origine de mes ancêtres Bretons: j'ai retrouvé en France et particulièrement en Bretagne: un monde qui m'est familier. Ce qui m'a étonnée un peu dailleurs, mais sans plus.
Je n'ai pas encore été en Angleterre :( mais pour avoir travaillé ici en Suisse pour des boîtes internationnales qui juste en cafétéria font la cuisine anglo-saxonne... j'ai eu l'immense joie de retrouver les saveurs de mon enfance!!! C'est fou hein?
Le saumon apprêté comme chez nous, les brownies tout chauds sortis du four et j'en passe!!!
D'autre part, dès qu'on fait le moindre parrallèle entre le Canada et les USA... les cheveux me dressent sur la tête! J'y peut rien! Je crois vraiment que c'est un peuple à part qui n'a rien à voir avec nous.
Beo, moi aussi j'ai du mal à m'associer de près ou de loin avec les États-Unis. Je crois que nous partageons plusieurs habitudes de consommation avec les Américains, mais peut-on vraiment parler de lien culturel profond entre nous?
Un chose que je concède pourtant, c'est la possibilité de grimper l'échelle sociale librement, aux US et au Canada, pour tous ceux qui travaillent fort et/ou sont doués, ce qui n'est vraiment pas évident en Europe, ou la hiérarchie est présente partout et difficile à franchir.
Tout à fait... la hiérarchie est absente, en apparence au Canada. ;)
Elvis Gratton est un très bon exemple!
Je pense que je devrai aller faire un tour en Angleterre, pour faire l'expérience des nos ressemblances!
Parce qu'en fait, je me sens profondément américaine (adjectif continental): je me sens chez moi en Californie (OK, ce serait sûrement différent au Texas!), je me sentais très à l'aise dans les pays d'Amérique latine où j'ai habité.. je pense qu'on partage des "codes" de communication, une certaine liberté face aux traditions, la facilité d'établir des contacts, la quasi-absence de classes sociales.. ce qui ne m'empêche pas d'être très choquée par la ségrégation aux USA, qu'elle soit économique, raciale ou politique, et naturellement les excès - dans tous les domaines..
Prochaine destination, l'Angleterre! :)
Adriana, je me suis rendu compte en France de la différence entre les Nord-Américains et les Européens. Je me sens nord-américaine, mais pas américaine du tout. D'ailleurs, c'est drôle mais les Anglais ne se sentent pas Européens du tout. Ils parlent toujours des continentaux pour s'en dissocier... :)
Adriana, j'irais bien à New York, tiens, juste pour vérifier comment je m'y sens aujourd'hui, maintenant que j'ai l'habitude de voyager seule et que je n'ai plus peur de l'inconnu. ;)
J'y suis allée deux fois il y a longtemps, mais j'étais accompagnée, museum-driven et je ne m'aventurais pas tellement hors des sentiers battus.
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