01 novembre 2006

Une fête celtique

Les commentaires que j'ai reçus à propos d'Halloween confirment les raisons pour lesquelles j'ai créé ce blogue. Écrire des billets sur divers sujets d'intérêt culturel m'amuse, bien sûr - et j'espère que j'en amuse d'autres! - mais je veux aussi que l'échange qui s'ensuit avec mes lecteurs me permette de réfléchir et de voir les choses sous un autre jour.

Un merci particulier aux lecteurs français, qui m'ont mise sur une bonne piste.

Je pense que la fête d'Halloween à l'américaine ne marche pas sur le continent européen tout simplement parce qu'elle est complètement coupée de ses racines celtiques et que de toute façon, la plupart des gens les ont oubliées, ces racines celtiques. Pourquoi donc adopter une fête étrangère que l'on ne comprend pas? Et pourquoi en voudrait-on aux Européens de ne pas avoir envie de faire comme les Américains? La culture c'est comme l'agriculture : il faut un terreau approprié pour que ça se développe. Et si on veut transplanter une vieille tradition, les racines doivent être bien présentes, sinon ça ne marche pas. C'est si facile de taxer tout le monde d'antiaméricanisme quand on a l'esprit paresseux ou fermé à d'autres réalités!

Il reste toutefois certains endroits de la France, comme la Moselle, où des gens fêtent Halloween comme on le faisait à l'origine, chez les Anglais et les Irlandais, c'est-à-dire qu'adultes et enfants découpent de grosses betteraves fouragères, les Rommel Bootzen (betteraves grimaçantes), pour ensuite les illuminer de l'intérieur, comme les citrouilles nord-américaines, afin de guider l'esprit des morts dans la nuit qui marque la fin de l'année celtique et l'entrée dans l'obscurité de l'hiver ou d'éloigner les démons. Mais justement, pour ces gens cette fête a un sens et ils en connaissent les racines. Elle sera donc perpétuée, pour peu que ces betteraves de plus en plus rares ne disparaissent complètement.

En gros, avec le temps, lorsque cette fête païenne a été adaptée au catholicisme, on y a incorporé des gâteaux qu'on donnait aux pauvres en échange de prières pour les morts. On voit donc qu'il ne s'agissait pas de tanner tous les voisins pour avoir des bonbons et des chocolats que tout le monde n'a pas les moyens de donner à volonté en échange de rien (sinon gare aux mauvais coups, comme l'explique Caroline)!

11 commentaires:

Caroline a dit...

Super, cette recherche que tu nous résumes là. Je suis vraiment contente de pouvoir lire tout ça. J'imaginais cette fête tout sauf "celtique".

Vive les betteraves!

Blue a dit...

J'ai résumé et je ne suis pas entrée dans les détails, mais en gros je pense que c'est ça, d'après mes recherches. Comme j'adore tout ce qui est celtique, ça ne peut que me réjouir. ;)

Anonyme a dit...

Si on poursuit la logique, il n'y a plus aucune fête, sur le continent américain, qui n'ait pas pris le virage commercial. On ne fête plus, on consomme. Les décorations de fête se succèdent et se chevauchent même (on voit parfois des décorations de Noël apparaître en même temps que celles d'Halloween .... en septembre). Ça devient ridicule et ce sont finalement les enfants qui écopent, en perdant totalement le sens des festivités

Blue a dit...

C'est vrai Geneviève. Si on poursuit cette logique, je pense que la majorité des fêtes sont aussi appelées à disparaître éventuellement, du moins pour des raisons financières, parce qu'elles sont devenues ridiculement commerciales, très coûteuses et vides de sens.

Anonyme a dit...

Tiens, toi qui aimes ce qui est celte, as-tu vu le magazine Religions et Histoires? Je ne connaissais pas ce jeune bimestriel. Justement il parle cette fois des croyances des Celtes et fait un point sur les fêtes celtes qui perdurent. Le magazine est très beau avec des photos magnifiques, je te le conseille!

Blue a dit...

Merci Elté. :)

Anonyme a dit...

Zut... je viens de le reprendre et je vois qu'il était distribué jusqu'à fin octobre seulement.
En refeuilletant ce magazine, je me pose une question: pourquoi n'ont-ils pas fait une aile européenne au musée du Quai Branly en exposant justement des vestiges de cette époque? Les oeuvres de Celtes ne sont-ils pas classables parmi les arts premiers-primitifs? Dommage.

Christophe Berget a dit...

Blue, je suis entièrement en accord avec ce nouveau "post", et il est vrai qu'on est pas anti-américaniste parce qu'on ne fête pas Halloween comme aux Etat-Unis ; par ailleurs, l'Europe est-elle anti-américaniste ? Non, je ne le pense pas.
PS : est-on encore capable de fêter seulement pour le plaisir de fêter ? Je ne le pense pas plus...

Le groupe a dit...

A ce rythme-là, tout est syncrétique, surtout aux US. Le sapin de Noël? C'est germain et très païen. Le Santa aux consonnances hispaniques? Ça vient du Sinter Klaas néerlandais. - Sauf que l'image du Père Noël, tout rouge et bonvivant, tel que tout le monde le connait, c'est une création de... Coca Cola, eh oui.
PS: tu as restreint les comms? Je signe donc avec mon identité teutonne...

Blue a dit...

Volker : Oui, et les Noëls tels qu'on les connaît (célébration d'une journée avec chants et jeux en famille, occasion de donner aux pauvres et de manger plus que d'habitude -dinde, gâteaux, etc.) sont une invention de Charles Dickens. Mais c'est bien de connaître l'origine des fêtes, non?

La question qui m'intéresse le plus dans la vie, c'est "pourquoi?" ou "d'où ça vient?". :)

Blue a dit...

En passant, le syncrétisme est intéressant mais, comme j'ai dit, il ne fonctionne que lorsqu'il y a un minimum de compatibilité entre les éléments "rapportés".